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  • tipapillon a publié une note il y a 1 an et 3 mois

    Bonjour,
    Je suis une jeune maman de 33 ans d’un garçon de 7 ans et d’une petite fille de 4 ans. Je suis venue sur ce site suite à la lecture du livre « mères épuisées » que l’on m’avait conseillé suite à la bouteille à la mer que j’ai jeté sur un groupe de mamans natures sur fb pour savoir si il y avait des mamans qui avaient traversé l’épuisement maternelle et comment elles s’en étaient sorties …
    Cela fait des mois que j’ai bien compris ce qui m’arrivait, des mois que je cherche les bonnes personnes qui pourraient m’écouter, me comprendre et m’aider … mais c’est compliqué …
    Je me suis rendue compte qu’il y avait un problème quand chaque matin je me réveillais avec l’envie de ne pas me lever, pas envie de m’occuper de mes enfants, pas envie d’entendre du bruit … puis un jour c’était en pleine nuit où je me suis réveillée et que je me suis mise à pleurer plusieurs heures parce que je ne supportais plus ma fille, ses colères, ses cris, … elle avait 3 ans … l’histoire avec ma fille est toute la clé … ma 2e grossesse a été très attendue car contrairement à ma 1e grossesse où les petites graines se sont rencontrées tout de suite là elles ont mis une année, une année d’un gros travail sur moi pour comprendre ce qui me bloquait à tomber enceinte : un secret de famille que je ne pouvais plus garder pour moi. (Ma vie est hélas faite de belles bagages à la base). Suite à la révélation de ce secret je suis tombée enceinte le cycle suivant, ce fut une vraie victoire pour moi pour ma vie pour la bataille que j’avais menée. Hélas ce fut une grossesse à risque et j’ai plusieurs fois eu peur de la perdre. En milieu de grossesse j’ai su le sexe du bébé, une fille. Pour moi c’était juste inimaginable au vu de mon passé, de ce que j’avais subi et de la relation que j’avais (ou n’avais pas) avec ma mère et cela de mère en fille depuis plusieurs générations. Mais finalement j’ai mené ma grossesse à terme et j’ai réussi à créer le lien avec ma fille, j’ai réussi à couper cette héritage familiale. Suite à la naissance, ma fille pleurait beaucoup surtout le soir de 20h à 1h du matin pendant plusieurs semaines. Et à côté j’avais mon ainé dont je devais aussi m’occuper et de la maison et de mon conjoint. A 3 mois ma fille est tombée malade et j’ai passé 3 jours à l’hopital pour m’entendre dire que ce n’était « juste » une rhino à forte fièvre et une gastro … suite à cette épisode ma fille a eu des selles liquides pendant des semaines, période où je « dormais » dans sa chambre pour pouvoir changer les couches 10 fois par nuit. Puis les rhino sont revenues tous les mois pendant 15 jours pendant 2 ans, jour où toutes ses dents fut sorties. Pendant ses périodes je me levais plusieurs fois par nuit ou je restais dormir dans sa chambre pour donner les médicaments ou parce qu’elle était trop mal pour dormir. Pendant aussi ces 2 ans, une angoisse, un stress l’a perturbé et elle a arrêté de dormir tout court pendant 6 mois, 6 mois où je me suis levée 10 fois par nuit pour lui dire que la nuit n’était pas finie. J’ai fini par l’emmener voir un microkiné qui a sauvé nos nuits ! Sauf que moi c’était trop tard le mal était fait …
    J’aimerai raconter tous les détails de ma vie mais quand j’ai lu le livre ces 2 derniers jours j’avais l’impression que c’était ma vie que l’on racontait, ça m’a particulièrement chamboulé … le dévouement à mes enfants, vouloir les élever exclusivement, toujours douter de bien faire, la fatigue qui s’installe, besoin d’une organisation sans faille, avoir au moins l’impression de contrôler qq chose, une petite fille qui ressemble à une tornade et un ainé à un ado, l’énervement constant, ne plus supporter le bruit, puis des mots durs envers eux qui arrivent et un crescendo vers la violence, la honte après coup, l’envie de voir personne car tout nous épuise et finir par étouffer à la maison, à arriver à avoir envie de tout abandonner de prendre son sac à dos et partir ….
    Je vois déjà une thérapeute par rapport à mon passé mais elle n’a pas su m’aider, elle m’a pourtant bien dit que c’était dur d’être mère, que nous n’avions aucune reconnaissance. J’ai été voir unE psy pour enfants pour ma fille pour ces colères ingérables et elle m’a dit que c’était normal que je sois fatiguée encore à ce jour que on ne récupèrerait pas 2 ans de sommeil comme ça que ce serait long. J’ai vu mon médecin homéopathe mais aucun traitement ne me fait l’effet souhaité mais lui avait mis les mots sur ce qui ce passait « burn out ». Puis j’ai vu un autre médecin homéopathe uniciste qui a posé les mêmes mots « épuisement maternelle » mais la différence est que le médecin est une femme qui a élevé ses 4 garçons qui a vécu la même chose que moi et qui m’a aussi dit que c’était normal et que cela allait passer. Tous les conseils que j’ai reçu de ces personnes je les ai retrouvé dans le livre, je les avais mis en place déjà avant comme me reposer (sauf que quand on passe son temps à faire des siestes on a l’impression de louper une partie de sa vie), faire garder mes enfants (depuis leur 4 mois en halte garderie puis chez une nounou,) … il est vrai que peut être c’est l’isolement qui a joué en ma défaveur , on vit à la campagne, mon conjoint est agriculteur donc peu disponible, peu d’amies habitant près de chez moi, plus de famille suite à la révélation du secret, une belle famille qui est incapable d’entendre que je puisse aller mal, qui a une image de la femme et mère comme certaines personnes dans le livre.
    J’avoue que je pensais vraiment qu’il y aurait eu un remède miracle, efficace de suite qq part … mais je sens que ce livre va éclairé le chemin d’une autre façon et me donnera l’énergie qui me manquait … car je vois maintenant ce que la vie a mis sur mon chemin pour m’aider mais hélas je ne me donne pas le droit « d’être » … je ne sais pas si je viens ici pour avoir de l’aide ou juste pour témoigner, pour déposer qq part mon histoire à des personnes qui comprendront ce que je vis ou aussi pour vous remercier pour ce livre qui me fait me sentir moins anormale et qui me permet de voir que l’on peut s’en sortir et que l’apaisement et le bonheur seront possible un jour …

    • Bonjour et bienvenue Tipapillon
      Vous portez un lourd fardeau sur vos épaules. Etre mère n’est déjà pas facile quand on a eu une enfance « tranquille ». Cela doit être très difficile avec un secret qui vous empoisonne. Mais vous prenez les choses en mains : vous allez voir des professionnels, vous vous inscrivez sur des groupes/forums, vous mettez en place des actions (repos, garderie,…). Comme vous dites, il n’y a pas une solution miracle. Il y a un long chemin sur lequel vous êtes déjà engagée. Continuez à marcher. Certains pas seront plus difficiles que d’autres. Gardez courage. Même si parfois on a l’impression de « louper sa vie »(moi aussi j’ai horreur de faire des siestes, mais je sais que je ne tiendrai pas sans), il faut se forcer.
      Arrivez-vous à trouver des moments de complicité avec vos enfants ? Des activités à partager ?
      Etes-vous sûre qu’il n’y a rien pour les parents dans votre « campagne » ? Il y a parfois d’excellentes initiatives peu connues.

      • Bonjour Coeurdelait,
        merci pour ce message surtout aujourd’hui où je ne me sens pas dans un bon jour … ce matin j’avais l’impression d’être sur le passage du livre où Stéphanie parle de ses jumeaux qu’ils sont brusques avec elle, lui font mal … ma fille est pareille, un ressort ambulant, qui ne maitrise aucun geste, brusque, et qui le matin me repousse au réveil en me faisant mal … une continuité après les changes quand elle avait encore les couches où je prenais ses pieds dans mon estomac …c’est insupportable … et ça réveille les coups de mon enfance et je veux me défendre sauf que là ce n’est qu’une petite fille …
        Des moments de complicité ou des activités à partager il y en a extrêmement peu car tout dégénère très vite surtout avec le petite …
        Du coup je ne sais pas où me renseigner pour savoir si il y aurait des initiatives dans mon département en tout cas je n’en ai jamais entendu parler …

        • Bonjour Tipapillon.
          J’espère que ça va un peu mieux aujourd’hui. Les jours d’école, ça permet de souffler un peu, vous ne trouvez pas ? Est-ce que vous arrivez à prendre du temps pour vous ? Vous travaillez comme mère au foyer ou vous avez un autre emploi ?
          Comment réagissez-vous quand votre fille vous fait mal ou qu’elle a des gestes brusques ?
          Vous pouvez vous renseigner à la mairie de votre commune, la PMI et l’école. Si vous me dites où vous habitez, je regarderai si je trouve quelque chose.

    • Bonjour Tipapillon et bienvenue sur ce groupe !
      Quel beau témoignage ! Pas si simple de raconter ce que nous vivons parfois. Il n’y a effectivement pas de solutions miracles comme il n’y a pas qu’un seul facteur dans l’épuisement maternel. Vous avez mis beaucoup de choses en place, il faut maintenant accepter le facteur temps et continuer à reprendre la main. L’important est de ne plus subir.
      Vous parlez peu de votre conjoint. Certes, il travaille beaucoup mais il doit aussi prendre sa part dans la vie de la maison. Pour ne pas envenimer vos relations vous pouvez essayer de prendre un petit moment avec lui, juste pour lui dire ce que vous ressentez. Pas de reproche, ni de demandes impérieuses. Juste votre état émotionnel et physique. Vous vivez des sentiments contradictoires qui sont difficiles à faire cohabiter : envie d’ « éducation exclusive »/difficulté à rester seule avec ses enfants, besoin de dormir/impression de rater des choses, vie à la campagne/isolement social….
      Personne ne peut vivre sans sommeil. Moi j’adore dormir car je rêve beaucoup et j’ai l’impression d’avoir une autre vie. Je me cale dans mon canapé avec un bon plaid et je ronronne bien au chaud. En fait, je crois que j’ai redécouvert le plaisir de ne rien faire.
      Vous savez ? Ces petites choses qui nous reconnecte avec nous-même : regarder passer les nuage, se balader en bord de mer les cheveux au vent, déguster un bon plat, caresser quelque chose de doux…Faire appel à ses sensations physiques peut vous aider.

    • Pouvez-vous dire dans quel département vous êtes ou près de quelle ville ? Nous ferons des recherches.

      • Bonjour
        je vous remercie pour vos messages … j’ai revu mon homéopathe qui m’a prescrit un « antidépresseur » naturel à base de plante, depuis 1 semaine je commence à me sentir plus apaisée, cela m’aidera à sortir la tête de l’eau je pense le temps que tout rentre dans l’ordre … j’ai fait une séance d’acupuncture aussi pour me ré équilibrer de l’intérieur … j’ai aussi enfin compris une chose importante depuis la lecture du livre grâce à un autre livre que je lis en parallèle « femmes qui courent avec les loups, histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage » … j’ai compris la vraie définition de prendre du temps pour soi … je le faisais régulièrement mais en fait je le faisais en étant toujours « mère » or pour arriver à se ressourcer vraiment il faut prendre du temps pour soi en étant juste soi pour nourrir la femme (sauvage) en nous pour pouvoir être complète et pouvoir être équilibré après dans notre rôle de mère et de compagne que nous sommes aussi.
        Je suis de l’Allier limitrophe Cher et Nièvre.

        • Bonjour Tipapillon, c’est un bel enseignement que vous nous transmettez là ! On entend peut parler de cette petite femme intérieure, primitive. Ça me parle bien. Les psy disent qu’on ne peut pas être tout pour ses enfants, comme on ne peut pas être tout pour son amoureux. C’est un leurre de croire que l’on pourrait combler entièrement quelqu’un et faire son bonheur. Après tout, chacun est responsable de son propre bonheur et il ne faut peut-être pas attendre la lune des autres.
          Parfois en conférence une grand-mère vient me voir à la fin pour me dire qu’elle a tout donné à ses enfants et qu’elle est très malheureuse aujourd’hui car elle ne les voit plus. Ils ne l’appellent pas et passent peu la voir. J’écoute alors, ça résonne en moi car je sens de la détresse et en même temps que dire ? Les choses sont faites même si je crois qu’on peut souvent encore agir. J’ai toujours envie de leur dire « sans doute que tout, c’est trop ». Le tout devient un poids trop lourd pour l’autre, quelque chose qu’on ne pourra jamais rendre. En plus on se perd là-dedans et on n’apprend pas à son enfant qu’être mère c’est en premier lieu être une personne distincte avec ses propres aspirations.
          Donc oui, Tipapillon, prenons soin de nous les mères pour prendre soin de nos enfants !

        • On fait une petite recherche pour savoir ce qu’il y a près de chez vous comme structure.